24.03.2016 - Combien pèse Savchenko dans la balance des intérêts stratégiques américains?

N. Savchenko, qui corrigeait les tirs d'artillerie du bataillon punitif Aïdar dans le Donbass (voir notre article), vient d'être reconnu coupable d'avoir entraîné la mort de civils, notamment deux journalistes russes. Pour cela, elle est condamnée à 22 ans de prison en régime de droit commun. Ce qui serait considéré comme criminel dans n'importe quel conflit est, pour des raisons politiques, condamné par les chancelleries occidentales. Et le chantage à la Russie recommence. Mais, finalement, le moment est-il bien choisi?

Le procès de N. Savchenko fut sans surprises. Lorsque l'on tue des civils, on est coupable. Cette évidence plutôt simple n'est pourtant pas partagée par les "partenaires" et "amis" occidentaux de la Russie. 

La presse française, comme à son habitude, parle de ce héros ukrainien qui tient tête à Poutine, de cet officier de l'armée ukrainienne. Peu importe qu'elle appartienne à un bataillon punitif, cela ne figure même pas dans sa biographie retouchée. Peu importe que des civils aient été blessés ou soient morts suite à la correction des tirs qu'elle apportait. Ils n'étaient du bon côté, de celui de la démocratie. Ils voulaient juste être chez eux et vivre en paix. Au lieu de vouloir vivre dans l'Union européenne.
 
Et nous vivons un remake de Il faut sauver le soldat ... Savtchenko. Le Président ukrainien, immédiatement sur son Facebook, annonce que l'Ukraine ne reconnait pas le fondement de ce jugement, qu'il est prêt à négocier deux soldats russes (dont il ne sait absolument pas quoi faire) contre le retour de Savchenko. Démocratie de parade oblige, la gouvernance des pays faibles se fait sur les réseaux sociaux. Les autres pays, ceux qui se gouvernent et gouvernent, ont des réseaux plus complexes et institutionnels.
 
Et justement, face à cette déclaration, le porte-parole du Kremlin, répond très poliment que c'est au Président russe à prendre cette décision, car cela est de sa compétence. En effet, ce type de décision ne peut être prise que dans le cadre de la grace présidentielle. Tout sera fait conformément au droit.
 
C'est en général se qui se passe dans un état de droit. Les règles s'appliquent à tous les organes de l'état. Aux juridictions. Au Président.
 
Mais les États-Unis ne l'entendent pas de cette manière et exigent la libération de Savchenko. C'est une question de principe. Et pour cause, seuls les vainqueurs, traditionnellement, ont le droit de juger les crimes commis par les ennemis. Or, si la Russie a jugé Savchenko, elle s'est donc reconnu non seulement le droit, mais surtout le pouvoir de le faire. C'est une gifle difficile à avaler pour les "partenaires" américains.
 
 
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