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18.11.2016 - 25 millions d’enfants menacés d’exclusion sociale en Europe

vendredi, 18 novembre 2016 05:44
D’après le rapport de l’office de statistiques de l’Union européenne Eurostat, plus d’un enfant sur quatre est menacé de pauvreté ou d’exclusion sociale en Europe. Une situation qui s’est particulièrement dégradée au cours des 5 dernières années en Grèce et en Italie.

C’est un de ces chiffres qui nous rappelle au réel comme un coup de massue.
Plus du quart des enfants qui vivent dans l’Union européenne sont en voie d’exclusion sociale: très exactement 26,9% de la population âgée de 0 à 17 ans. Cette menace d’exclusion est mesurée par Eurostat à partir de critères très précis et quantifiables que sont les revenus et les conditions de vie des ménages dans lesquels vivent ces enfants. Elle concerne tout d’abord la pauvreté.

25 millions d’enfants européens vivent dans une famille pauvre, c’est-à-dire une famille dont les revenus ne dépassent pas 60% du niveau de vie moyen des familles du pays concerné.
Ce sont aussi des enfants qui, selon l’expression employée par Eurostat, sont « en situation de privation matérielle grave », c’est-à-dire que leurs conditions de vie sont fortement dégradées en raison des difficultés qu’affronte la famille. Concrètement, cela signifie par exemple que leurs parents ne peuvent plus payer leur loyer ou les factures de consommation courante dans les délais, ou bien qu’ils ne peuvent plus faire face à une dépense imprévue. Ce sont aussi des familles qui ne peuvent plus chauffer convenablement leur foyer, qui ne peuvent plus consommer de viande, de poisson, ou un équivalent  protéiné tous les deux jours, ou bien qui ne peuvent pas accéder à des biens courants comme la machine à laver, le téléviseur ou le téléphone.
Encore faut-il préciser que cette moyenne qui mesure l’exclusion sociale des enfants dans l’Union européenne masque des inégalités très fortes entre pays. D’un côté les pays très pauvres comme la Roumanie, où c’est presque la moitié des enfants qui vivent dans la pauvreté ( 46,8% ), ou bien la Bulgarie ( 43,7% ), de l’autre, certains pays du nord de l’Europe où le nombre d’enfants frappés par l’exclusion ne concerne guère plus d’un enfant sur 10, comme la Suède ( 14% ), la Finlande ( 14,9% ) ou le Danemark ( 15,7%.)
On remarquera aussi la situation particulièrement difficile de l’enfance en Grèce ( 37,8% des enfants en situation de pauvreté ), ainsi qu’en Espagne ( 34,4% ) et en Italie ( 33,5% ), ce qui signifie que dans ces pays, c’est plus d’un enfant sur 3 qui est menacé d’exclusion.
 
A noter qu’au Royaume-Uni, que l’on n’aurait pas tendance à considérer spontanément comme un pays en difficulté au vue de ses autres indicateurs économiques, le sort des enfants n’est guère plus enviable puisque plus d’un sur 3 ( 30,3% , à égalité avec l’Irlande ) est concerné par l’exclusion, une situation qui s’est d’ailleurs aggravée au cours des 5 dernières années ( 29,7% en 2010 .)
On ne remerciera jamais assez Ken Loach de continuer à nous montrer dans la réalité britannique de tous les jours, cette lente décomposition sociale qui résulte, depuis Tatcher, du creusement forcené des inégalités dans un pays riche qui ne jure que par la Bible libérale et la guerre aux droits sociaux, dont les victimes les plus fragiles sont, au bout du compte, les enfants. Il est vrai qu’au Royaume-Uni, cette réalité ne date pas d’hier puisqu’au XIXème siècle déjà, l’exploitation des enfants, contraints de travailler dans la grande industrie dès leur plus jeune âge, avait été porté à un tel niveau que la survie même de la classe ouvrière apparaissait menacée aux institutions médicales de l’époque, qui avaient tiré la sonnette d’alarme.
 
La France, comme l’Allemagne, ne figurent pas parmi les plus mauvais élèves du tableau, même si un enfant sur cinq continue à y être menacé, ce qui est encore beaucoup. Mais - et c’est un indice rassurant - dans ces deux pays, la situation s’est un peu améliorée au cours des 5 dernières années.
Elle s’est également très sensiblement améliorée en Pologne, pays qui vient de repasser légèrement au dessus de la moyenne européenne.
Ce n’est malheureusement pas le cas partout. On remarquera de ce point de vue la dégradation alarmante de la situation en Grèce , pays d’Europe où l’on enregistre la plus forte augmentation des indices qui mesurent la pauvreté des enfants depuis 2010 : près de 10 points en plus en 5 ans, faisant de la Grèce le 3ème pays d’Europe où le sort des enfants est le moins enviable. On jugera, d’après ces chiffres, les résultats délétères de la politique d’austérité imposée par l’Union européenne à la Grèce depuis plusieurs années.
A noter également la situation difficile pour les enfants en Espagne et en Italie, pays où la situation s’est également aggravée au cours
des 5 dernières années, contre la tendance générale qui prévaut en Europe, et qui est légèrement en amélioration.
 
Rôle crucial de l’éducation des parents
Bien sûr, cette tendance à la marginalisation sociale des enfants est en lien direct avec le chômage des parents, mais pas seulement, et c’est l’un des enseignements majeurs de cette enquête de l’organisme européen des statistiques.
Le niveau d’éducation des parents joue aussi un rôle déterminant.
On remarque ainsi que plus le niveau d’éducation des parents augmente et plus le risque d’exclusion sociale et de pauvreté des enfants diminue. Ce constat est valable dans absolument tous les pays européens.
Ce qui tendrait à prouver qu’une forte politique éducative est un puissant rempart contre la dégradation sociale, notamment - c’est ce que montre les chiffres - pour la génération qui vient. Moins les parents sont éduqués, et plus grand est le risque de voir leurs enfants sombrer eux aussi dans le déclassement.
Aujourd’hui, près des deux tiers (65,5%) des enfants dont les parents ont un faible niveau d’éducation ( premier cycle de l’enseignement secondaire, au mieux) sont menacés de pauvreté dans l’Union européenne. Cette menace ne touche qu’un tiers des enfants dont les parents ont un niveau d’éducation qu’on peut qualifier de moyen ( second cycle de l’enseignement secondaire ), et seulement 10% des enfants dont les parents ont suivi un enseignement supérieur.
Ce constat, évident pour les acteurs de terrain qui travaillent tous les jours dans le secteur social, est entièrement confirmé par les mesures et informations collectées au niveau européen par Eurostat. 
 
Source : humanite.fr
 

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