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09.07.2016 - Échec scolaire, drogue... Mon fils était à la dérive. Nous sommes partis au Kirghizstan

samedi, 09 juillet 2016 11:42

Entre Renaud François et son fils Tom, c’était l’incompréhension la plus totale. Alors, Renaud a pris une décision drastique : pour éviter le décrochage scolaire de son fils, il a décidé de lui faire vivre un voyage initiatique, traverser à cheval le Kirghizstan. Trois mois, seuls, tous les deux, dans les steppes d’Asie centrale. Ce périple avait pour objectif d’aider son fils et de retrouver les liens perdus entre eux. Il raconte leur histoire dans un livre intitulé "Dans les pas du fils" (Éditions Kero).

À 44 ans, j’ai un parcours plutôt atypique. Après des études de commerce, j’ai travaillé dans le marketing. Puis, à la suite d'un burn out, j’ai décidé de tout plaquer pour traverser l’Atlantique, partir un an en Arabie Saoudite, avant de me lancer dans un périple de deux ans en 4x4 aménagé jusqu’en Sibérie.

Ce goût de l’aventure, je le tiens de ma famille. Mon grand-père a voyagé toute sa vie, même âgé, alors qu’il avait 93 ans, il est allé au Maroc en camping-car.

Grand amateur de voyages, mon père a vécu deux années au Tchad alors qu’il avait 22 ans. Enfant, je me souviens avoir été bercé par les récits de ses périples. Les nombreuses photos et les objets tribaux qu’il avait rapporté ont longtemps alimenté mes rêves d’évasion.

Pour moi, c’est certains, les voyages forment la jeunesse, et donnent du sens à la vie.

Échec scolaire, drogue… Mon fils avait besoin d’une rupture

Quand je suis rentré de Mongolie, je n’ai pu que constater à quel point mon fils de 17 ans était en train de perdre pied. Échec scolaire, drogue, violence, perte d’intérêt pour le hockey… Il était à la dérive et ne s’en rendait pas compte. Cet "au secours", je l’ai pris en pleine face et je me suis dit qu’il fallait agir au plus vite.

Tom avait besoin d’une rupture longue, de sortir de cet environnement toxique. La seule solution envisageable était de l’amener dans une zone reculée. Le projet de partir avec lui au Kirghizstan a alors germé dans ma tête.

Sa mère et moi sommes séparés depuis que Tom a quatre ans. Nous avons organisé une garde alternée qui a plutôt bien fonctionné, jusqu’à ce que je me rende compte que j’étais en train de reproduire ce que je reprochais a mon père : je n’étais pas présent et disponible pour lui. J’ai pris conscience que je n’avais jamais réussi à prendre ma place de père. J'en étais incapable.  

J’ai pris de la distance alors qu’il n’avait que onze ans. Nous partions en vacances ensemble, notamment au Monténégro, en Ardèche, mais nous ne partagions plus le quotidien. Nous n’avions jamais réussi à totalement casser la glace. Je voulais qu’il découvre un autre monde, mais la tâche ne s’annonçait pas facile.

J’étais perdu vis-à-vis de Tom. J’avais besoin de retrouver ma place au sein de cette famille décomposée, et lui montrer qui j’étais. Nous avions vraiment besoin d’apprendre a nous connaitre l’un et l’autre, sans pudeur ni honte.

Il fallait intervenir au plus vite

À cette époque, Tom était un jeune "connecté", amateur d’émissions de télé-réalité, utilisateur inconditionnel de Facebook et fan de vêtements de marques. Bref, il ressemblait à la plupart des adolescents de son âge, mais il avait beaucoup de violence en lui.

En pleine rébellion, ses notes scolaires en pâtissaient, tout comme son intérêt pour le hockey. L’année précédente, sa mère et moi avions été avertis de ses résultats scolaires par la CPE de son lycée. Nous devions "intervenir" au plus vite. Sur le coup, nous n’avons pas su réagir et les choses ont empiré. Tom a été arrêté à deux reprises par les forces de l’ordre pour détention de stupéfiants.

J’avais conscience que la situation allait se dégrader, mais je n’ai pas trouvé de solutions auprès des institutions, et des associations qui aident les jeunes en difficulté.  D’autant que je me sentais pleinement responsable de la crise que traverserait Tom. Un an plus tard, j’ai exposé notre projet à la même CPE qui nous a soutenus. Tom avait plus de 16 ans, il était donc en mesure de lâcher l’école.

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