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23.05.2016 - "Il m'a bloquée sur Facebook, j'ai compris qu'il me quittait"

A l'ère de Tinder, des réseaux sociaux et du zapping numérique, un clic suffit pour mettre un terme à une relation, sans explication. Cette pratique porte un nom : le "ghosting", ou l'art de disparaître comme un fantôme. Enquête.

Quatre mois que Marie (1), 20 ans, filait un amour sans nuages avec Enzo, 19 ans. "Nous nous étions rencontrés sur un tournage où nous faisions de la figuration. Tous les week-ends, j’étais chez lui ou nous sortions. Je connaissais ses amis et ses parents. Il me faisait découvrir des séries, des expos. Cette histoire me paraissait partie pour être sérieuse." Mais un jour, après un "super week-end", plus de nouvelles. Enzo n’écrit pas de SMS, contrairement à son habitude.

"Le mercredi, je lui ai donc envoyé un petit message. Sans réponse. Le week-end est arrivé, je lui ai demandé ce que l’on faisait. Toujours rien. J’ai compris qu’il y avait un problème."

Après l’inquiétude – un accident ? –, Marie pense à se connecter sur Facebook. "Là, j’ai vu qu’il m’avait bloquée. Il avait l’air d’aller bien, sur sa nouvelle photo de profil. J’ai compris qu’il me jetait."

Il n’y a pas eu de préavis. Pas de mot plus haut que l’autre, pas de lettre d’adieux déchirante, pas de texto de rupture. Un beau jour, tout s’est arrêté. Comme pour Sonia, étudiante en communication à Paris, qui n’a plus jamais revu son ex-meilleure amie, Lou : "J’ai essayé de l’appeler, ça sonne toujours une fois et je tombe sur la messagerie. Je sais que ça veut dire qu’elle a bloqué mon portable sur son iPhone. Elle m’a aussi bloquée sur Instagram. J’ai compris que notre amitié était enterrée, mais sans savoir pourquoi."

Une simple case à décocher

Virées sans explication par un amour, par une amie, Marie et Sonia ont été "ghostées". Le néologisme, issu de l’anglais ghost ("fantôme"), est apparu aux États-Unis, il y a quelques mois. Rompre en disparaissant, c’est vieux comme le monde. Dans les films des années 1970, les hommes en pattes d’eph’ sortaient "acheter des cigarettes" et ne revenaient pas. Mais ce qui était rare, caché, vécu comme honteux ou romanesque, est devenu banal.

De plus en plus fréquemment, l’amant rencontré sur l’appli de dating Tinder, l’amoureux de ces derniers mois, l’amie de longue date, s’évaporent sans donner d’explication, vous suppriment comme ami Facebook, blacklistent votre numéro de téléphone, s’effacent de tous les réseaux.  

Selon un sondage publié en mars dans le magazine britannique "Fortune", 78% des 20-30 ans auraient été victimes de "ghosting". Une autre étude, menée par Le Huffington Post-Yougov, disait, fin 2014, que 11% des gens avaient déjà fait le mort en guise de rupture amoureuse. Il n’y a pas si longtemps, quitter quelqu’un par SMS était vu comme le comble de la goujaterie ; désormais, ce serait presque élégant.


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