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23.06.2018 - Histoire d’une euthanasie passive en France : Inès, débranchée, a mis presque deux jours à mourir – des gendarmes ont été appelés pour « contenir » les parents

Si l’affaire Vincent Lambert n’est pas terminée, celle d’Inès a pris fin hier jeudi, vers midi, au CHRU de Nancy. La jeune adolescente de 14 ans, dans le coma depuis un an, avait été débranchée mardi soir de son respirateur artificiel, contre l’avis de ses parents. L’hôpital avait demandé des forces de l’ordre pour prévenir toute opposition de leur part… « Beaucoup de dégoût » pour sa mère, un « gâchis énorme » pour son avocat, Me Bernard-Marie Dupont. Le fait qu’Inès soit mineure a joué contre elle : il revenait aux médecins, aux juridictions, à l’État de décider – c’est aussi la logique de l’euthanasie dite « passive ».
 

Inès a été débranchée contre l’avis de ses parents

Les parents d’Inès se sont battus jusqu’au bout. Elle aussi, quelque part, qui s’est accrochée à la vie pendant quasiment deux jours. Au moment de l’arrêt des machines qui maintenaient en vie l’adolescente, l’hôpital a souhaité la présence « des forces de l’ordre pour assurer le calme et pallier toute situation », a expliqué la direction du CHRU. De peur surtout que les parents ne deviennent matériellement encombrants… La mère raconte qu’il y en avait huit personnes pour les contenir, quatre pour elle, quatre pour son mari.
 
Il faut dire que ces heures ont été longues. La jeune fille devenait « de plus en plus bleue » a raconté sa mère. Et cette dernière a réclamé en vain un peu d’oxygène pour adoucir cette longue agonie par asphyxie, car Inès respirait un peu toute seule. « Je leur ai dit qu’ils n’étaient pas humains, qu’ils n’avaient pas de cœur. »
 
Les médecins avaient débranché, mardi soir, le respirateur artificiel ainsi que les sondes utilisées pour la nourrir et l’hydrater. L’avocat des parents d’Inès avait tenté alors un dernier recours « J’ai envoyé un huissier pour faire une sommation et obtenir l’accès à l’intégralité du dossier médical d’Inès. Car je suis avocat mais aussi médecin et j’aurais voulu apporter mon point de vue ». Mais sans succès.
 

« Apprendre qu’on va mettre fin à la vie d’une fille de 14 ans, je n’ai jamais eu à vivre cela dans ma carrière »

Inès était dans le coma depuis exactement un an, depuis le 22 juin 2017 où elle a été victime d’une violente crise cardiaque – elle souffrait d’une grave maladie neuromusculaire. Son cœur avait fini par repartir, mais elle était restée totalement inconsciente, bien que ses parents affirment avoir perçu des mouvements de ses bras et de ses mains. Dès la fin du mois de juillet, les médecins avaient fait état d’une « possibilité d’amélioration quasi-nulle » et avaient lancé, au terme d’une procédure collégiale, un processus visant à la « laisser » mourir, conformément à la loi Claeys-Leonetti de 2016 sur la fin de vie.

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