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Douglas Reed - La controverse de Sion

vendredi, 24 juin 2016 10:56
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Douglas Reed (11 mars 1895 - 26 août 1976) est un journaliste et essayiste britannique. Reed est engagé volontaire durant la Première Guerre mondiale dans l'armée britannique. Dans les années 1930, il sera un correspondant du journal The Times en Allemagne

« L’offense capitale du comte Bernadotte était son impartialité. Entre le 19 juillet et le 12 août, il dut signifier au Dr Joseph, gouverneur militaire sioniste de Jérusalem, que d’après les rapports de ses observateurs, « les juifs étaient le groupe le plus agressif à Jérusalem ». Le 16 septembre, sur la route historique du pacificateur « vers Jérusalem » (c’est le titre de son livre), le comte Bernadotte signa de fait son propre arrêt de mort ;

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le comte Bernadotte, avant que celles-ci n’atteignent New York, prit un vol pour Jérusalem (le 17 septembre). Accompagné de ses collaborateurs, il se rendait, sans armes et sans protection, au siège du gouvernement lorsque leur véhicule fut arrêté par une Jeep occupée par des sionistes et garée en travers de la route. Clairement, on était autant au courant de leurs déplacements que du contenu du rapport du comte Bernadotte; trois hommes jaillirent de la Jeep, rejoignirent son véhicule en courant et avec des pistolets-mitrailleurs Sten, l’abattirent ainsi que le colonel français Serot, observateur en chef à Jérusalem.

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Le nouvel État s’était déclaré « entièrement responsable » de tels individus. Trois jours plus tard, une agence de presse française reçut une lettre exprimant des excuses pour le meurtre du colonel Serot, qui avait été confondu avec le général suédois Lundstrom, chef d’état- major du médiateur et « antisémite » (le général Lundstrom était assis à une autre place dans la voiture). Cette lettre était signée du « Hazit Moledeth » ; le rapport de la police israélienne indiqua qu’il s’agissait du nom de la cellule terroriste secrète au sein du groupe Stern.

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Les journaux du monde entier publièrent l’éditorial qu’ils semblaient conserver spécialement pour de telles occasions (« On a fait un mal incalculable à la cause sioniste... »), et reprirent ensuite leurs dénonciations quotidiennes de tous ceux qui défendaient la cause arabe, les accusant d’être « antisémites ». Le Times de Londres rendit même le comte Bernadotte responsable de son propre meurtre ; on pouvait y lire que la proposition d’internationaliser Jérusalem « incita sans aucun doute certains juifs à tuer le comte Bernadotte ». En Israël, quatre mois plus tard, deux dirigeants du groupe Stern du nom de Yellin et Shmuelevitz furent condamnés par une cour spéciale à huit et cinq ans de prison pour leur connection avec ce meurtre. Le président de cette cour, lorsqu’il lut le jugement, dit qu’il n’y avait « pas de preuve établissant que l’ordre de tuer le comte Bernadotte provenait de la hiérarchie ». Les deux hommes (selon l’Agence télégraphique juive) «n’accordèrent guère d’attention au déroulement du procès, eu égard au fait qu’on s’attendait à ce que le Conseil d’État accorde une amnistie générale », et quelques heures après leur condamnation, ils furent libérés et escortés vers la foule qui les accueillit triomphalement. Le « commandant en chef » de l’Irgoun, un certain M. Menahem Begin, fit quelques années plus tard une « tournée triomphale » des villes occidentales, étant par exemple reçu à Montréal par « la garde d’honneur de la police de Montréal précédée par des rabbins portant les parchemins de la Loi » (d’après le Jewish Herald d’Afrique du Sud) »

Source : «La controverse de Sion» de Douglas Reed, P579-582

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