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Hector de Saint-Denys Garneau - Lassitude

mercredi, 27 juin 2018 13:18
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Hector de Saint-Denys Garneau (Montréal, 13 juin 1912 - Sainte-Catherine-de-la-Jacques-Cartier, 24 octobre 1943) est un poète mélancolique qui a écrit un célèbre recueil de poèmes publié en 1937 dont les vers, en raison de sa santé fragile, sont traversés par la conscience de sa mort prochaine. Ceux-ci ont été  traduit en anglais et en espagnol. après sa mort à l'âge de seulement 31 ans...

 

 

 

 

"...Je ne suis plus de ceux qui donnent

Mais de ceux-là qu’il faut guérir.

Et qui viendra dans ma misère ?

Qui aura le courage d’entrer dans cette vie à moitié morte ?


Qui me verra sous tant de cendres,

Et soufflera, et ranimera l’étincelle ?

Et m’emportera de moi-même,

Jusqu’au loin, ah! Au loin, loin!

Qui m’entendra, qui suis sans voix

Maintenant dans cette attente ?

Quelle main de femme posera sur mon front

Cette douceur qui nous endort ?

Quels yeux de femme au fond des miens,

au fond de mes yeux obscurcis,

Voudront aller, fiers et profonds,

Pourront passer sans se souiller,

Quels yeux de femme et de bonté

Voudront descendre en ce réduit

Et recueillir, et ranimer

et ressaisir et retenir

Cette étincelle à peine là ?

Quelle voix pourra retentir,

quelle voix de miséricorde

voix claire, avec la transparence du cristal

Et la chaleur de la tendresse,

Pour me réveiller à l’amour, me rendre à la bonté,

m’éveiller à la présence de Dieu dans l’univers ?

Qu’elle voix pourra se glisser, très doucement, sans me briser, dans mon silence intérieur ?..."


Source : GARNEAU, Hector de Saint-Denys, Poésies. Regards et jeux dans l’espace. Les Solitudes, Montréal, Fides, 1972, p. 104-105

Commentaires   

 
0 #1 Victor Rumilly 27-06-2018 18:37
Je lisais la post-face de son recueil de poème dans lequel l'on pose la responsabilité de sa névrose et de son désespoire dans le "jansénisme" de la religion catholique "totalitaire" du temps. On y blâme l'oppression de la religion l'éloignait de son désir évident pour les femmes. Dans cette post-face, on ne s'est jamais posé la question à savoir si son frein à ses désirs venait non pas de la religion mais bien de sa santé fragile. Il faudra un jour que les littéraires québécois s'enlève de la tête que la religion catholique condamnait le sexe. Sinon comment nos ancêtres auraient-ils fait autant d'enfants ? La religion offrait un cadre morale comme dans toute société saine et en santé. La sexualité débridée était toléré, mais la pensée religieuse n'allait tout de même pas les encourager. C'est d'ailleurs depuis que cette religion a disparu de nos vies qu'on s'est mis à écrire sur le sujet. Et écrire autant sur le sexe, n'est-ce pas une tentative de compenser un manque, autrement dit, la preuve d'une impuissance ou d'une misère du désir forcenée ?
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