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Qui soutenait ISIS-Daesh en Syrie? Erdogan ou Obama? « Coalitions transversales », Alliance militaire de l'OTAN en crise

mardi, 14 fevrier 2017 11:43
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Traduction par William

Dans une tournure inhabituelle d'événements, Washington accusait Ankara de soutenir l'ISIS-Daesh.  

Et le président turc Erdogan répondait en accusant Washington de soutenir ISIS-Daesh. « Maintenant, ils apportent un soutien à des groupes terroristes, y compris Daesh, GPJ, PYD. C’est très clair. Nous en avons des preuves concrètes, avec des images, des photos et des vidéos, », déclarait M. Erdogan.

Et Washington de répondre « il [Erdogan] continue à fournir aussi des armes [en Syrie], son but ultime [étant] d’affaiblir les Kurdes, ISIS étant pour lui secondaire » 

Alors que Washington a fermement démenti les dernières allégations de M. Erdogan, la structure des alliances politiques et militaires est en crise.

Qui soutient l'ISIS?  

Le fait est que les États - Unis et la Turquie fournissaient un soutien clandestin aux terroristes , y compris ISIS-Daesh et Jabhat Al Nusra.

La Turquie et les États-Unis ont collaboré pour soutenir l'ISIS-Daesh dans le nord de la Syrie.

Dès le début, l'État islamique a été soutenue (officieusement bien sûr) par la coalition élargie américano-OTAN qui comprend plusieurs pays membres de l'OTAN (les États-Unis, la France, la Grande-Bretagne ainsi que la Turquie) et leurs alliés du Moyen-Orient dont l'Arabie Saoudite, le Qatar et Israël.

Ce qui était préoccupant pour Erdogan, c’est que les États-Unis soutenaient également les séparatistes kurdes GPJ qui combattaient l'ISIS. Et jusqu'à récemment, la Turquie a utilisé les rebelles ISIS pour lutter contre les forces de GPJ, qui sont également pris en charge par les États-Unis.

Dès le début en 2011, le recrutement de mercenaires djihadistes à déployer en Syrie a été coordonné par l'OTAN et le haut commandement turc. À cet égard, la Turquie a joué un rôle central en ce qui concerne la logistique, les fournitures d'armes, le recrutement et la formation, en liaison étroite avec Washington et Bruxelles.

Le gouvernement d'Ankara a également joué un rôle stratégique dans la protection du mouvement des rebelles djihadistes et de fournitures à travers sa frontière vers le Nord de la Syrie

Ce qui se produit maintenant est une faille dans la structure des alliances militaires, grâce à l'émergence de « coalitions transversales ».

La Turquie en tant qu'état membre de l'OTAN est un allié des États-Unis. Mais les États-Unis soutenaient le YPG qui se battait à la fois contre l'ISIS et la Turquie.

De son côté, la Turquie, qui est un allié fidèle des États-Unis était en train de négocier avec la Russie et l'Iran.

Déjà en mai 2016, Erdogan avait accusé les États-Unis et l'OTAN de soutenir les forces GPJ:

« Le soutien qu'ils donnent [États - Unis, l'OTAN] à ... la YPG (milice) ... Je le condamne », a déclaré le président turc Recep Tayyip Erdogan  samedi lors d' une cérémonie à l'aéroport de la ville kurde de Diyarbakir. « Ceux qui sont nos amis, qui sont avec nous dans l'OTAN ... ne peuvent pas, ne doivent pas envoyer leurs soldats en Syrie portant l’insigne des YPG. » (Ara News Network, 28 mai 2016)

Quelle est la cause sous-jacente de cet affrontement entre les États-Unis et la Turquie, qui frappe au cœur même de l'Alliance atlantique?

Washington était fermement opposé aux ambitions territoriales d'Erdogan dans le nord de la Syrie. L'objectif des États-Unis-OTAN était de fragmenter la Syrie et l'Irak. La stratégie de Washington dans le nord de la Syrie consistait à soutenir et contrôler les séparatistes kurdes GPJ.

Mark Toner, le porte-parole du département d'État américain avait confirmé que Washington continuerait à soutenir le YPG « malgré l'opposition du gouvernement turc à l'égard de la coopération kurde - États-Unis ».(Voir Ara News Network, 27 décembre 2016):

« ... Il y a des désaccords entre les membres de la coalition sur la façon dont nous procédons et avec qui nous coopérons sur le terrain? Je ne vais pas dire qu'il n'y en a pas. Et évidemment, la Turquie a exprimé très clairement ses sentiments quant au YPG. Nous avons également été tout aussi clairs, alors que nous comprenons les préoccupations de la Turquie, à l’effet que nous allons continuer à travailler avec le YPG comme partie primordiale des forces démocratiques syriennes. Aussi, le GPJ n’est pas le seul groupe avec lequel nous travaillons sur le terrain. Nous travaillons avec les Arabes syriens, les Turkmènes syriens, ainsi que d'autres groupes combattant Daesh, » 

Officiellement, les États-Unis combattaient l'ISIS, officieusement, ils l'appuyaient.

Et suite à un virage complet, l'ISIS s'est intégré (secrètement et officieusement) aux forces spéciales occidentales (souvent sous contrat à des sociétés de mercenaires privés) contre la Turquie, état membre de l'OTAN. Cette action est en grande partie pour le compte des forces GPJ, qui également combattent les forces turques:

« L’ISIS affirme avoir tué 70 soldats turcs pendant le conflit et il y a quelques jours, ce pervers culte de la mort a publié une vidéo montrant deux turcs brûlés vifs.

La Turquie a transporté des chars et des armes lourdes à sa frontière et a blâmé la coalition menée par les USA pour le soutien aérien insuffisant après que les forces d'Erdogan eurent  rencontré une résistance acharnée de militants ISIS - 14 soldats turcs ont été tués. (Daily Express , 27 décembre 2016)

Alliances transversales

Alors qu’Ankara accusait Washington, Moscou jouait au niveau diplomatique un « double jeu » habile: le ministre des Affaires étrangères Lavrov parlait à John Kerry d'une part, et négociait avec Ankara d'autre part.

Le 21 décembre, les ministres des Affaires étrangères de la Russie, de l'Iran et de la Turquie se sont réunis à Moscou « pour rédiger une déclaration commune visant une résolution à long terme du conflit en Syrie. » (RT, 22 décembre  2016)

Moscou avait également laissé entendre que d'autres pays, y compris l'Arabie saoudite, seraient invités à se joindre à cette initiative. « Il était « très important » que la déclaration de Moscou, Téhéran et Ankara «  contenait une invitation à d'autres pays qui ont une influence « sur le terrain » à se joindre à ces efforts, "(RT, 22 décembre 2016)

L'objectif sous-jacent était d'affaiblir l'allégeance de l'Arabie Saoudite et des États du Golfe aux États-Unis-OTAN. Il est intéressant de noter, à cet égard, que Moscou a construit une alliance stratégique avec le Qatar suite à un accord majeur dans le domaine du gaz naturel. Jusqu'à récemment, le Qatar aux côtés de l'Arabie saoudite soutenait et le financement de l'insurrection en Syrie, y compris à la fois l'État islamique et Al-Qaïda au nom et en liaison étroite avec Washington. Selon Thierry Meyssan:

Moscou avait réussi à transformer le Qatar en allié. Le changement de cap du Qatar avait été scellé par la vente par Moscou d'un cinquième du capital de Rosneft, au début de Décembre, à Doha. Rosneft, le joyau de la couronne de la Russie, était la plus grande société dans le monde. En mettant en œuvre cette opération, ... Vladimir Poutine [a] inextricablement uni les énergies politiques des deux plus grands exportateurs de gaz dans le monde. De facto, le Qatar avait abandonné les djihadistes, bien que depuis mai dernier, il avait disposé d'un bureau permanent au siège de l'OTAN à Bruxelles.

Moscou avait typiquement favorisé des « coalitions transversales » avec les plus fervents alliés de l'Amérique au Moyen-Orient. Bien que ces alliances avec les états-clients des États-Unis soient de par leur nature même fragiles, elles constituaient néanmoins un coincement dans la conduite de la politique étrangère américaine . Elles contribuaient également à affaiblir l’emprise géopolitique de Washington au Moyen-Orient. La question importante est maintenant de savoir comment la nouvelle administration Trump réagira à ces développements.

Selon les médias, la Turquie avait le soutien de Moscou dans le siège de la ville de Syrie du Nord Al-Bab, aux mains de l'ISIS depuis 2013. De violents combats sont en cours. Ankara avait rapporté le 26 décembre que « la coalition anti-ISIS faisait des progrès dans Al-Bab ».

Source : globalresearch.ca

 

 

 

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