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Introduction à la décadence

samedi, 11 octobre 2014 06:15
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Ray Y. Adamson 

Le Québec a perdu son équilibre spirituel. S'il est indéniable que l'Église jouissait d'un surplus d'influence dans la société d'antan, la Révolution tranquille a poussé trop loin sa vengeance contre l'institution en renversant nos valeurs et nos droits.

Nous avons fait émerger plusieurs modes de pensée et opinions religieuses au détriment de la vérité telle que présentée par l’Église. Cela peut être valable dans une société qui se veut ouverte à tous.

Cependant, notre quête du pluralisme est chargée d'une haine du Catholicisme au point de nous faire sciemment abandonner les droits que le vainqueur Anglais était contraint de nous accorder[i]. 

 

Notre désir d'émuler la société laïque anglo-américaine est déshonorant tant par son ridicule que par l'insulte que nous jetons sur nos anciens symboles et croyances.

 



La paix et la coexistence sont bien meilleures que la méfiance et l'antagonisme mais ce n'est pas une surprise si les commissions politiques et les chartes de savoir-vivre ensemble interpellent autant de gens. Peut-être parce que les Québécois sont si accueillants (ou parce que c'est arrivé trop vite) nous n'avons pas réagi adéquatement à la stratégie canadienne d'immigration, qui vise à changer la fibre même de la nation[ii]. Nous avons laissé faire le jeu canadien du multiculturalisme qui culpabilise les gens du pays, même si nous ne sommes pas responsables des problèmes ailleurs au monde. Réalisant que notre entourage nous ressemble de moins en moins, nous avons dit aux gens qui ne partagent pas notre héritage de garder leurs religions dans leur sphère privée. Nous voilà, hélas, piégés! Car n'étant pas hypocrites, nous nous sommes contraints à en faire de même.

 

 

L’indécence et la vulgarité nous entourent dans les vitrines des magasins, les revues, les médias et nos écoles. Pas fiers de notre propre modèle familial, nous emmenons nos enfants voir les fesses des « drag queen » à la parade de la fierté gaie. Nous avons approuvé la perversion et appelé ça des modes de vie alternatifs.




Nous avons exploité les pauvres et les vieillards à revenus fixes (alors que nous augmentons leurs impôts fonciers à chaque année) sans voir l’obscénité de leur vendre des billets de loterie à travers une société d’état.

En cherchant toutes sortes d’excuses, nous avons récompensé la paresse avec le bien-être social. Pourtant, nous venons d’une culture du travail – nos ancêtres ont dessouché des arbres à la main – et la religion chrétienne était un moteur à la diligence et la productivité !

«  Mais nous vous exhortons, frères, à abonder toujours plus dans cet amour, et à mettre votre honneur à vivre tranquilles, à vous occuper de vos propres affaires, et à travailler de vos mains, comme nous vous l'avons recommandé, en sorte que vous vous conduisiez honnêtement envers ceux du dehors, et que vous n'ayez besoin de personne. » Thessaloniciens 4:10 à 4:12[iii]
 
 
Nous avons perdu la soif de la vie et l'amour de nos parents et enfants. Alors que des millions de cellules s’organisent pour que chaque être sorte vivant du ventre de sa mère, nous interrompons au moins un quart des grossesses en appelant ça un choix[iv]. Depuis l'été 2014, nous invoquons ce même choix pour légaliser le suicide des souffrants[v], et depuis quelques jours nous demandons un nouveau débat car selon notre promotrice nationale du suicide assisté[vi] les personnes ayant un handicap ne sont pas couvertes par la nouvelle législation.


 
 

Afin de favoriser l'estime de soi, nous avons négligé de discipliner nos enfants. Au lieu d’agir comme des princes, nos fils se comportent comme des enfants-rois. À 18 ans, las de la charge financière, on responsabilise nos enfants en les encourageant à quitter la maison. Ils nous cracheront à la figure un jour, lorsqu’on vivra notre solitude à la résidence pour personnes âgées[vii], alors que nous devrions être auprès d'eux justement.

Nous avons permis à une élite d’abuser du pouvoir qu’on leur a confié. Nous continuons d’appeler ça la démocratie.

Nous avons accepté de payer deux à trois fois le prix de nos maisons déjà surévaluées, en désignant les prêts dignes d’esclavagistes comme le moyen d’augmenter notre qualité de vie. Payer le double ou triple sur 25 ou 30 ans...le Christ a fouetté les marchands du temple pour bien moins que ça!

Nous polluons les ondes radio avec des sacres blasphématoires et les écrans avec la pornographie au nom de la liberté d'expression. Toutefois, lorsque quelqu’un exprime une opinion qui dérange l’ordre établi, on a toujours un policier de la pensée prêt à lui retirer la tribune ou l’injurier publiquement[viii].

Nous avons ridiculisé les valeurs plurimillénaires de nos ancêtres, qui devaient vivre dans le noir puisque nous avons maintenant les Lumières.

Comment en sommes-nous arrivés là? C'est inéluctable que la société change, mais évoluons vers quelque chose de meilleur, sur des valeurs saines et une culture enrichissante! Nous avons échangé notre spiritualité et nos symboles contre le néant, mais la nature à horreur du vide. À force de pousser vers cette extrémité, nous ne faisons qu’encourager le retour du balancier, c'est inévitable. Reste à savoir si la pendule s'équilibrera en douceur ou si elle basculera vers l'autre extrême une fois que nous entrerons dans le prochain paradigme.

 

[i] C'est la British North America Act de 1867, notre première constitution canadienne, qui garantissait le droit aux Canadiens Français de scolariser leurs enfants selon leur tradition. La Commission des écoles catholiques de Montréal a été supprimée le 1er juillet 1998 par la réforme Marois dans le but de laïciser les écoles publiques montréalaises. Il fallait changer la constitution - même les Ontariens n'ont pas été aussi loin!

[ii] N'oublions pas que les Canadiens Français sont une nation. Le reste du Canada l'a reconnu le 27 novembre 2006, lorsque le premier ministre canadien déposa une motion visant à reconnaître « que les Québécois forment une nation au sein d’un Canada uni ». Celle-ci fut acceptée par 266 voix contre 16.

[iii] Bible de Jérusalem

[iv] un choix qui représente au plus bas 29% (selon les déclarations officielles) des naissances au Québec, puisque les cliniques privées sont exemptées de produire des chiffres.

[v] http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/politique/2014/06/05/002-vote-assemblee-nationale-projet-loi-mourir-dignite.shtml

[vi] Véronique Hivon a présenté le projet de loi mal-nommé Mourir dans la dignité, assurant tout le monde qu'il n'y aurait pas de pente glissante vers la libéralisation du suicide assisté, et que ce n'était pas son intention de le permettre aux individus qui pourraient survivre des années avec un handicap. Mais, comme le vent, les discours changent: http://www.lapresse.ca/actualites/201410/08/01-4807336-suicide-assiste-hivon-veut-un-debat.php

[vii] 8% de la population canadienne agée de 65 ans et plus, 8% vit dans des "logements collectifs"; chez les 85 ans et plus c'est 30%. http://www12.statcan.ca/census-recensement/2011/as-sa/98-312-x/2011003/fig/fig3_4-4-fra.cfm

[viii] voir notre billet intitulé Dorval, Dolan, doctorant...Do do do: http://www.lebonnetdespatriotes.net/lbdp/index.php/component/k2/item/773-dorval-dolan-doctorantdo-do-do-♫-♫ 

2 commentaires

  • Lien Commentaire P mercredi, 15 octobre 2014 03:07 publie par P

    Magnifique texte.
    Merci beacoup.
    Je me sens moins seul

  • Lien Commentaire J-P samedi, 11 octobre 2014 10:06 publie par J-P

    Merci pour ce texte qui pousse à la réfléxion. Car généralement en ce qui concerne la laïcité j'avalais sans penser. Merci à vous d'adapter ces questions à notre réalité québécoise.

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