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Le mariage gai serait-il homophobe ?

mercredi, 01 juillet 2015 08:13
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Juriste Curé

Il s’agit d’un sujet qui ne m’aurait pas intéressé outre mesure si on ne m’y avait pas intéressé… Je veux dire par là que l’intérêt que les médias y portent, créant quasiment un phénomène en lui-même qui donne l'apparence de toucher tout le monde, poussent tout sociologue, anthropologue, analyste de la société qui se respecte à s’y intéresser. Alors, voilà, puisque la légalisation du mariage homosexuel, cette semaine, dans tous les États-Unis, a ramené le sujet dans l’actualité, je m’y arrête, l’instant d’un article.

 

       La plus comique des réactions créée par cette nouvelle, c’est que pendant que de nombreux hétérosexuels s’en réjouissaient comme de leur propre mariage, des homosexuels que je connais restaient totalement indifférents, quand ils n’étaient pas un peu déçus. Pendant que le premier criait au droit à l’amour, le second restait silencieux quand il ne laissait pas échapper : « Ça fait longtemps que je l’ai le droit à l’amour et je n’ai pas besoin du mariage pour me le rappeler ! » 

Pour comprendre cette réaction, il faut savoir que le style de vie des homosexuels est rarement celui des hétérosexuels. Les homosexuels ne se sentant que rarement, voire jamais, investis de la responsabilité de la reproduction, leur rythme de vie se dessinera en conséquence. Par exemple, l’adultère et l’amour ne se vivront pas de la même façon. La responsabilité de la paternité ou la maternité chez l’hétéro ne peut logiquement que créer un interdit. Et ainsi de suite.

Un ex coloc à moi était homosexuel. Il m’avait expliqué : « Imagine que les femmes que tu désires n’aient pratiquement pas besoin d’écouter tes sérénades pour vouloir coucher avec toi et acceptent tes avances avant même que tu les aies formulées. [À l’époque, je n’avais pas fait encore vœu de chasteté…] Tu baiserais sans doute toujours et avec des partenaires différentes. Et bien être gai, c’est comme ça. Je ne vois pas comment un homosexuel pourrait être heureux au sein d’un mariage pour le meilleur et pour le pire. » Il avait d’ailleurs beaucoup de difficulté à comprendre tout le mal que je me donnais pour rapporter des filles à l’appartement. Pour lui, l’acte de séduction durait 2 secondes.

Le plus surprenant aveu qu’il m’avait confié était que les plus homophobes, ceux de qui il avait reçu des menaces, étaient souvent eux-mêmes homosexuels et qu’ils achalaient pour éviter d’avoir à sortir du placard. Le plus achalant de ceux qui l’écœuraient lui avait présenté son copain quelques années plus tard. En fait, c’était la lâcheté de plusieurs homosexuels qui étaient la plus grande cause d’homophobie. Enfin…  c’est ce qu’il disait. Je vous l’accorde ; c’est possible qu’il se trompe…

Par ailleurs, s’il y avait bien quelqu’un qui détestait les lesbiennes, c’était lui. Rarement vu quelqu’un manipuler autant la mauvaise foi sur un sujet. Au Drag (le bar gai de Québec), racontait-il, « elles sont moches, elles te bousculent sans raison, aucune classe, aucune politesse, elles méprisent les hommes… »

Je me souviens très bien aussi de mon coiffeur (un gai) quand j’étais enfant, qui disait détester la parade de la fierté gaie. Il ne se reconnaissait absolument pas dans les déviants qui se pavanaient sur la rue Sainte-Catherine à Montréal. Il disait que ces gens ne parlaient pas en son nom. Et je parie que, même s’il a longtemps vécu avec le même homme, la revendication du droit de se marier ne lui a jamais effleuré l’esprit. Il acceptait d’incarner la minorité et n’implorait personne pour devenir majoritaire. Ce qui est quand même logique quand on y pense.

En considérant que légalement, les personnes de même sexe pourraient tout autant être considérées comme conjoints de fait, et que cela rendrait tout le monde aussi heureux… Ayant aussi réfléchi aux exemples précédents : deux hommes aux personnalités diamétralement opposées, l’un plus frivole, l’autre plus conservateur, pour qui le mariage n’avait aucune utilité, ni pour eux, ni pour leur(s) amoureux, je me suis posé la question, à savoir, à qui peut bien servir le mariage gai ?... À donner bonne conscience aux hétérosexuels ? Ne me faites pas rire. J’ai la rate déjà bien dilatée merci. 

C’est bizarre, ironiquement, parfois j’ai l’impression que la promotion du mariage gai est bien plus homophobe que l’opposition à celui-ci. Dans mon livre à moi, ça sonne plutôt comme la tentative de légaliser quelque chose en fonction de ce que certains aimeraient que les homosexuels soient (mariés donc conformes aux normes de la majorité) plutôt qu’en fonction de ce qu’ils sont vraiment.

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