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L'Église et la tourmente des années 60

dimanche, 19 novembre 2017 11:24
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Francis

Les années 60 représentèrent des années fort tumultueuses pour l'Église Catholique que ce soit au Québec ou ailleurs dans le monde, surtout en Occident. Le Concile Vatican II, qui entraîna une vague de réformes, contribua à cette effervescence, même si l'intention du Saint-Père et de la majorité des pères conciliaires n'étaient pas de tout chambarder. Un vent de liberté souffla sur l'Église, fortement poussé par les courants libéraux à l'oeuvre dans l'ombre depuis des décennies.

Au niveau liturgique, le passage à la messe en langue vernaculaire en 1965 a été rapidement suivi par les messes rythmées, mieux connues sous le vocable de messes à gogo au Québec. Ce fût un changement brutal et radical avec la messe traditionnelle en latin marquée par tout un cérémonial hérité du Moyen-Age. Il a fallu l'adoption officielle de la réforme liturgique en 1969 et l'intervention des évêques par la suite pour mettre un terme à ces messes perçues comme un sacrilège par nombre de fidèles. A la même époque, nous avons assisté au remplacement de la soutane par un habit noir avec col romain pour les prêtres. Mais rapidement nous avons vu des prêtres en vêtements civils, parfois même avec jeans et t-shirts. Du côté des religieuses, il y a eu d'abord la simplification de l'habit religieux, ce qui en soi pouvait être une bonne chose étant donné que certains habits étaient très lourds et peu adaptés à la vie moderne. Mais encore là, certaines communautés profitèrent de ce vent de liberté pour abandonner complètement l'habit religieux, à l'encontre des directives du Saint-Siège.

L'autorité fût de plus en plus contestée et remise en cause au sein de l'Église. Certains évêques supportaient de plus en plus mal les ordonnances du pape et réclamaient davantage de pouvoir et d'autonomie face au Vatican, des prêtres s'opposaient ouvertement à leur évêque, des fidèles jugeaient la hiérarchie catholique comme étant ringarde et dépassée et se rapprochaient du libre-arbitre protestant.  L'influence des événements de mai 68 eurent une grande influence sur nombre de catholiques et lors d'un Katholikentag (rassemblement général des associations catholiques ) à la fin des années 60 en Allemagne, des fidèles demandèrent la démission du pape Paul VI qui maintint le célibat sacerdotal dans son encyclique Sacerdotalis caelibatus en 1967.

Le plus grand point de rupture a été suite à la promulgation de l'encyclique Humanae Vitae en 1968 qui rappelait la position de l'Église en opposition à la contraception et plus particulièrement contre la pilule qui faisait son apparition. Le pape Paul VI n'a pas voulu écouter les évêques libéraux qui étaient favorables à la pilule et à un réaménagement de la morale chrétienne traditionnelle. Il y eut une grande contestation chez de nombreux catholiques, notamment des femmes qui voyaient la pilule comme un moyen de contrôler les naissances. Certaines conférences épiscopales, dont celles de France et du Canada, sans s'opposer au pape cherchèrent par tous les moyens à atténuer la rigueur de l'encyclique. On en vint même à remettre en question l'infaillibilité pontificale.

Le vent contestataire continue au sein de l'Église au point que le pape Paul VI déclara en 1972 que la fumée de Satan était entrée dans le temple de Dieu. Les dernières années de son pontificat, qui se termina en 1978, furent difficiles et pénibles pour lui. Le courant de la théologie de la libération qui naquit en Amérique Latine dans les années 60 joua un rôle non négligeable dans cette contestation au point que Jean-Paul II dut le ramener à l'ordre dans les années 80. Et cette crise de l'Église continue de nos jours sous différents aspects, notamment avec la théologie féministe qui voit dans l'Église une institution "machiste".

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