jtemplate.ru - free extensions for joomla

Jeu d'échec diplomatique au mois d'octobre

mercredi, 04 octobre 2017 12:00
Evaluez cet article
(13 vote)

3 commentaires

Lionel Rumilly

Dans un ouvrage que Victor-Lévy Beaulieu a consacré à son mentor Jacques Ferron intitulé Docteur Ferron pèlerinage publié en 1991, Beaulieu revient quelque peu sur le lien qui unit Ferron à la cellule Chénier, l'une des cellules du Front de libération du Québec.

« Comme intermédiaire entre la GRC et les felquistes Rose et Simard, les felquistes proposent  le docteur Serge Mongeau (écrivain, adepte de la simplicité volontaire et futur candidat pour Québec Solidaire). La police propose plutôt Jacques Hébert, ce si bon garçon. Les felquistes Rose et Simard le récusant [on peut les comprendre, Hébert c'était l'ami de Trudeau avec qui il a voyagé jusqu'en Chine et qui, devenu premier ministre, voulait leur peau], on finit mutuellement par s'entendre sur Jacques Ferron, qu'on réveille au milieu de la nuit afin de l'emmener à la maison de Michel Viger [où se cachait Rose et Simard.] »

Il est étonnant de constater que les trois personnes évoqués pour servir d’intermédiaire, Hébert, Mongeau et Ferron ont publié à de nombreuses reprises aux éditions du jour qui appartenait à Hébert. Hébert est un ami de Trudeau et sera, en 1983, nommé sénateur par qui ? Par Pierre Elliot Trudeau bien sûr.  Ce même Trudeau qui déclara la loi sur les mesure de guerre, sans consulter le parlement, afin d'attraper Rose, Simard et autres felquistes. Cette coïncidence est un peu grossière, je sais.

VLB, grand ami de Ferron à se demander s'il ne fut pas son héritier testamentaire, et qui était alors éditeur aux éditions du jour, nous raconte que « Même s'il ne pouvait pas cacher sa sympathie pour les felquistes, l'humaniste en Jacques Ferron ne pouvait souscrire à la violence, surtout lorsqu'elle donne lieu à mort d'homme »

Après avoir écouté les explications de Rose et Simard sur le sens de leur geste, Ferron aurait promis qu'il ne resterait pas silencieux, « promesse qu'il a tenue en écrivant Une mort de trop et toute une série d'articles sur la crise d'Octobre dans lesquels il a essayé de démontrer que le gouvernement fédéral, bien avant les enlèvements de James Cross et de Pierre Laporte, savait déjà  ce que les felquistes préparaient, mais que le gouvernement a laissé courir parce que le but qu'il visait, c'était  la fin des aspirations souverainistes du Québec. »

Victor-Lévy Beaulieu écrit, page 342 : « Je me souviens quand Pierre Laporte est mort. Il y avait autant de journalistes étrangers à Montréal qu'on pouvait y voir de soldats. »

En prenant acte de la présence de ces journalistes étrangers, je n'ai pu m'empêcher d'en associer l'histoire à celle de la situation en Catalogne.

Si Joseph Facal (envoyé spécial en Catalogne pour le journal de Montréal et le 98.5) nous écrit « Ne croyez pas ceux qui vous disent qu’ils savent ce qu’il va se passer maintenant. Nul ne le sait », il m'arrive de croire qu'au contraire tout ce qui s'est passé en Catalogne était prévisible et que l'Union-européenne avait une idée de ce qui se passerait et a laissé courir parce que le but c'était la fin de la souveraineté espagnole. Il s'agit bien sûr d'une hypothèse. Rien de bien concret. Toutefois, l'histoire, même québécoise, nous enseigne que, comme aux échecs, la politique se calcule quelques coups à l'avance sans quoi l'on ne peut compter que sur des défaites.

3 commentaires

  • Lien Commentaire Mouvement DAC mercredi, 04 octobre 2017 21:00 publie par Mouvement DAC

    Merci infiniment pour la réponse, grandement apprécier.

  • Lien Commentaire Lionel Rumilly mercredi, 04 octobre 2017 19:48 publie par Lionel Rumilly

    Je n'ai aucun lien de parenté avec Robert Rumilly qui a écrit pratiquement toute l'histoire du Canada français, je suis plutôt un fan et me je me sers de son nom ainsi que de celui de Lionel Groulx comme pseudo en hommage à ces deux historiens.

    Je vois que vous êtes un initié, monsieur du mouvement DAC. Mon article s'adressait principalement à ceux qui croient en une Catalogne libre ne se rendant pas compte que l'objectif de l'opération n'est pas de rendre un état souverain mais d'enlever ce qui reste de souverain à un autre état. Au plaisir

  • Lien Commentaire Mouvement DAC mercredi, 04 octobre 2017 16:25 publie par Mouvement DAC

    Bonjour M. Lionel Rumilly,
    je sais que c'est hors sujet, mais j'aimerais bien savoir si vous êtes parent/ou relié avec M. Robert Rumilly qui a publié "L’Infiltration Gau­chiste au Canada Français" en 1956 ? Merci pour la réponse :-)

    Pour le reste, en tenant compte que les pays occidentaux ne sont plus souverains ou n'exercent aucune souveraineté depuis fort longtemps, nous sommes d'accord sur «la politique se calcule quelques coups à l'avance» (sur une lonnnngue période) mais nous rajoutons «qu'elle pouvait déjà compter sur les défaites» car ce qui a été réaliser avec l'#UE l'a été aussi en parallèle avec le bloc nord américain.
    Francis Cousin dit que la gauche en France a servi de laboratoire, nous insistons pour dire qu'ici, le Québec tout entier a servi de laboratoire, pour tout le bloc nord américain. :-)

Commentez cet article

Ces informations sont requises (*). Veuillez noter que votre commentaire n'apparaîtra qu'après avoir été validé par un administrateur du site. Attention : Cet espace est réservé à la mise en perspective des articles et vidéos du site. Ne seront donc acceptés que les commentaires argumentés et constructifs rédigés dans un français correct. Aucune forme de haine ou de violence ne sera tolérée.