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Gérard Bouchard et l'optique mondialiste - du boulot pour les immigrants aux dépens des autochtones !

jeudi, 11 janvier 2018 10:35
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Gilles Verrier

Les Québécois – ces contribuables qui ont payé un salaire stable et enviable à Gérard Bouchard et aujourd'hui une pension sans inquiétude – doivent-ils considérer qu'ils ont bien investi dans tous ces petits québécois sortis du rang qui forment aujourd'hui son intelligentsia? Ou, au contraire, regretter qu'ils soient si mal tournés ? Ils peuvent se questionner de bon droit.  Les chômeurs de toutes les couleurs de peau, mais devenus Québécois de souche, et à la recherche eux-aussi d'un boulot, souvent modeste, se font rudement interpeler par Gérard Bouchard qui leur recommande de se tasser pour que les derniers arrivants prennent les emplois disponibles. Cet homme qui passe parfois pour un soutien de la souveraineté du Québec, ne serait-il pas d'abord un immigrationiste inconditionnel ? Pourquoi les Québécois déjà sur place devraient-ils s'incliner devant les nouveaux venus alors qu'on martèle l'idée que l'immigration est nécessaire pour combler trop d'emplois laissés vacants ? Laissons les faiseurs d'opinion mettre de l'ordre dans leur double discours et regardons plutôt la logique de Bouchard. 

 
Mon grand-père, lui-même immigrant, n'a jamais pu compter sur des faveurs. Je crois qu'il n'en voulait pas car il n'aurait pas voulu subir ce qui aurait été pour lui un déshonneur : prendre l'emploi d'un autochtone (autochtone : gens du pays, gens de la place). A -t-il subi une injustice ? Pas du tout. Mais curieusement, il est devenu courant aujourd'hui d'exiger des autochtones plus d'efforts dans l'accueil, quitte à faire intervenir un « discours d'autorité », comme le dit Bouchard. Selon lui, les Québécois ne prendraient pas leurs responsabilités, ils seraient biaisés en embauchant d'abord un voisin, un concitoyen, un parent, en lui offrant un emploi en premier – ce serait pour l'universitaire une attitude à réformer.  Pour l'universitaire déconnecté, il faudrait préférer l'étranger d'un autre continent à un voisin. Charité bien ordonnée ne commencerait donc plus par soi-même ?  

Apparemment, il ne serait plus bienvenu dans le discours public de rappeler à l'immigrant, réputé compétent pour occuper un emploi chez nous, qu'il devrait être aussi, on le présume, assez sérieux pour prendre lui aussi ses responsabilités à titre d'égal soumis aux mêmes contraintes. Quitter son pays natal devrait être une décision qui ne se prend pas à la légère. Même si les officiers de l'immigration présentaient à l'immigrant des obligations d'intégration, ce qu'ils ne font pas vraiment, il faudrait que l'immigrant considère lui-même un pays où le niveau d'emploi lui assure une occupation à court terme, comme c'était jadis le cas, sans déplacer les autochtones. Autrement, on fera face tôt ou tard à un conflit des légitimités et à la guerre des emplois, ce qui n'est jamais loin de troubles civils plus graves. C'est pourtant la solution que propose Bouchard, qui se fait plus idéologue que sociologue quand il recommande de ré-éduquer l'autochtone, pour qu'il renonce à sa combativité sur le marché de l'emploi et accepte une discrimination négative. 
 
Manipuler l'emploi par une ingénierie sociale  soutenue par l'État, établir des quotas à l'embauche, est un boulevard pour créer une injustice plus grave que de laisser opérer le marché libre. Un impératif qui s'impose quand on songe que l'offre d'emplois ne suit pas forcément les seuils croissants d'immigration qu'on nous impose. Ainsi, la « préférence nationale » qui a fait connaître le Front national en France appartiendrait à une détestable « droite », alors que la préférence « extra-nationale », proposée par Bouchard ne saurait que générer des bienfaits. La préférence aux immigrants, ressortirait donc, elle,  d'un « progressisme » vertueux. Un « progressisme » bien reçu par la presse, les élites économiques - souvent intéressées - et sans doute Québec solidaire.  Il ne resterait plus qu'à faire preuve d'autorité envers le bon peuple pour que tout baigne !

Le parti pris idéologique de petits commis du mondialisme en faveur de niveaux d'immigration élevés, fait exclure à Bouchard toute réduction des seuils d'immigration. Une telle possibilité semble incompatible avec  son logiciel. L'immigration n'étant pas pour lui un outil, à prendre ou à laisser selon les besoins, aux mains d'un État souverain - par exemple au Japon on n'accepte pas d'immigrants - mais un indiscutable dogme morale. Dans cette vision manichéenne, s'y objecter risque d'être vite qualifié d'extrême droite, voire de racisme. La déchéance intellectuelle de trop d'universitaires, que des générations de Québécois ont formés pour se faire c... dessus, offre le spectacle affligeant d'une collectivité en proie à une auto-mutillation officiée par une élite qui ne cherche qu'à l'accélérer.

Et l'emploi pour les intégrer nous dit Bouchard ! Bouchard a la prudence de ne pas s'avancer davantage sur la nature de cette intégration qui va vraiment dans tous les sens.
 Leur donner un « sentiment d'appartenance », mais à quoi ? Parlons des incontournables. Leur intégration les amènera tous à ce moment solennel où ils prêteront allégeance à sa majesté la Reine ? Les intégrer au Canada, premier pays post-national, selon Justin Trudeau ? La post-nationalité, l'idéal du régime, ne produirait-elle pas justement un citoyen typique avec deux attributs : 1) avoir prêté serment à la Reine et 2) détenir par ailleurs la citoyenneté d'un autre pays ? Voilà l'intégration qui consacre la distinction entre l'immigrant reçu et l'autochtone. Rappelons que ce dernier 1) ne prête pas serment à la reine et 2) n'a pas deux passeports en poche. Néanmoins, il devrait contribuer en se réjouissant à la préférence étrangère à l'embauche ! Comme toujours, on constate que les mondialistes ne s'intéressent pas beaucoup aux autochtones. Ceux qui, au Québec, partagent en grand nombre le sentiment de ne pas avoir de pays, même pas un, alors que l'immigrant typique en aurait deux. Un par allégeance et l'autre de naissance. Voilà exposé à grands traits le clivage entre l'autochtone et le prototype « post-national » - qui ne concerne pas tous les immigrants - que des mesures à la Gérard Bouchard ne feront qu'élargir. D'ailleurs, la post-nationalité des immigrants - surtout ceux motivés exclusivement par des raisons économiques - se confirme par les nombreux départs vers les États-Unis plus tard. Un nomadisme économique qu'affectionne les mondialistes. Il favorise le détachement de ses racines, la conscience apatride et l'appartenance exclusive à une race d'homo economicus  qui a l'argent pour seul pays.
 
Il sera toujours impossible de croire à un Canada vertueux lorsqu'il pratique une solution qui n'en est pas une : l'immigration massive. On pourra avec raison mettre en doute la bonne foi humanitaire du Canada tant - à titre d'exemple - qu'il n'imposera pas à ses multinationales en Afrique l'application des mêmes normes du travail qu'on applique ici. Tant - autre exemple - qu'il cessera sa participation à l'interventionnisme, à l'inverse de ce qu'il fit en Libye, une politique qui ne fait que grossir par la destruction économique et sociale le bassin des demandeurs d'asile, des réfugiés et des migrants. Le Canada affiche un cruel cynisme d'État qu'il faut décoder. Il le fait quand il crée délibérément les conditions d'inhumanité qui lui permettent ensuite de vendre sa « générosité légendaire ». Nous ne voyons pas les agents mondialistes comme Gérard Bouchard monter au créneau pour défendre et expliquer l'urgence d'un ré-équilibrage économique mondial. Pour eux, il ne faut pas toucher à l'oligarchie, à l'argent des vrais riches, mais demander aux chômeurs autochtones de faire des sacrifices.
 
S'il fallait résister à l'abandon de la souveraineté sur nos emplois, peut-on se demander si nous aurions un jour à nos frontières les facilitateurs que sont par exemple  IsraAid, venus d'un pays qui refuse lui-même à peu près tous ses demandeurs d'asile, pour venir nous intimider et nous forcer la main. Ce qui scandalise dans le discours de l'immigration massive, c'est qu'elle est imposée par les cénacles mondialistes, à droite, et soutenue, à gauche, par les humanitaires internationalistes - comme Gérard Bouchard et Québec solidaire, etc. - qui complètent le verrouillage de la pensée sur la question. C'est un choix imposé sur lequel les populations concernées ne peuvent plus se prononcer librement avec un minimum de sérénité. Cette question a été retirée des enjeux démocratiques, jusqu'à ce qu'une mobilisation populaire en force le retour.
 
Il faut réussir leur intégration économique et sociale. Quelqu'un d'exclu et victime de discrimination ne développera jamais de sentiment d'appartenance. Pour sensibiliser quelqu'un et pour le faire vibrer à nos valeurs, il faut d'abord lui donner un travail.
Il y a certes de vrais réfugiés et des immigrants qui s'intègrent parfaitement. Mais il faut reprocher à d'autres d'avoir tourné le dos à leur pays pour aller vers un autre sans autre motif qu'une plus grande mobilité et réussite économique, sans aucune ambition de s'intégrer. L'attrait de l'économie peut aveugler. Ce n'est ni un Nirvana ni un Eldorado. On rapporte que plus de 650 000 Syriens sont retournés à Alep depuis la libération de la ville il y a un an. Pour eux, le statut de réfugiés temporaires ne conduisait pas à l'émigration. On peut dire ça, certes, sans ignorer le fait que la détresse de nombre d'entre eux ne leur laissait guère de choix. Mais des gens qui aiment leur pays, ça existe. Or, tant que les pays de l'OTAN et autres puissances interventionnistes - parlons du Canada - ne respecteront pas le droit international et se donneront pour mission de changer les régimes - certains régimes -  qu'ils stigmatisent hypocritement comme coupables plus que d'autres d'atteintes aux droits humains, la fabrique de l'immigration massive, la fabrique des réfugiés et de la misère, qui en est la principale conséquence, ne cessera pas. Faut-il rappeler qu'aucune intervention militaire récente avec la participation ou l'appui du Canada n'a soulagé la misère humaine, bien au contraire. 

Nous avons une petite intelligentsia de rois-nègres qui, embouchée avec Québec solidaire (les positions officielles des autres partis sur le sujet n'en sont pas si loin), s'est constituée en fabrique de la culpabilité des Québécois. Les bonnes âmes, rassemblées dans la « gauche » - devenue une gauche morale qui a délaissé la justice sociale - peinent à comprendre que le marché de l'humain est la dernière frontière de l'économie de marché. Admettons que la droite ne le comprend guère davantage et est aussi, à sa façon, complice de cette manipulation !
 
Mais, pour les les bonnes œuvres de Gérard Bouchard, la population autochtone doit être réformée, si ce n'est pas de son plein gré, un discours d'autorité - ou plus musclé ?-  fera le boulot.
...ça va prendre un discours politique qui a beaucoup d'autorité pour faire accepter ça à la population. 

Lui faire accepter la discrimination positive en faveur des immigrants et des quotas à l'embauche !
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Entrevue de Gérard Bouchard 


Mathieu Bock-Coté - critique GérardBouchard

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