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Les droits de l'homme, Lionel Groulx et leur temps (Partie 1)

dimanche, 11 mars 2018 12:46
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Victor Rumilly

« Tout ce que nous devons gratuitement à la miséricorde, tout cela est devenu « droit de l'homme et du citoyen » » Jacques de Monléon

Les droits de l'homme et les droits de la personne se sont établis depuis les années 50 comme d'indétronables morales au sein de l'intelligentsia de la majorité des pays occidentaux. Ceux qui, de bonne foi,ont jeté un coup d'oeil à la Déclaration universelle des droits de l'homme (1948) connaissent la non-applicabilité et l'utopisme, de ce genre de droit.

Les dénonciations d'envergure furent assez nets dès sa promulgation sans qu'elles soient prises en compte (1). À se demander parfois si les dénonciations ne servent pas à faire croire qu'il y a bel et bien eu débat, et ce,afin de sauver le mythe ou l'apparence de la bienveillante démocratie.

Quand un livre de règlements rend obligatoire la liberté à tout homme qui la réclame en occultant l'effort nécessaire rendant accessible cette liberté (voir article 2) , l'on devrait se poser des questions sur l'honnêteté du document. Les règlements, les lois, existent pour restreindre les libertés individuelles.

Les lois et règlements n'ont jamais existé pour donner des libertés individuelles. À moins que l'objectif ne soit de faire affronter les individus entreseux.

Si certaines personnes moquent la croyance en Dieu, comment ces mêmes personnes font pour ne pas moquer la croyance aux droits de l'homme ? Encore plus puissante devrait être la moquerie quand l'on veut l'indépendance du Québec : droits de l'homme et indépendance du Québec sont incompatibles. Tant que l'État québécois sera soumis aux Droits de l'homme promulgués par l'ONU, le Québécois sera soumis à un État enchainé aux tentacules de l'ONU, c'est-à-dire, à la Banque mondiale, L'OMC, L'OMS, etc. Il paiera une taxe droit de l'homme sur chacun de ses actes diplomatiques comme il paie une taxe kasher sur pratiquement tout ce qu'il consomme. Bref, de quoi rendre indépendants les États.

Les droits de l'Homme-Dieu

Risibles sont les droits de l'homme, car ils font croire aux hommes qu'ils sont tout-puissants, qu'ils sont tous Dieu ! Il n'y a personne au-dessus des hommes et ceux-ci doivent êtes traités de manière sacrés... du moins devant la caméra.

Cette croyance incensée et mégalomane a une origine. D'où provient cet enchantement pour les beaux principes des droits de l'homme qui ne seront, selon toute logique, jamais appliqués ?

Dans son ouvrage «Rencontres avec Dieu», Lionel Groulx reprend assez souvent le concept d'homme-Dieu. Ce concept est à manipuler avec beaucoup de délicatesse. J'y reviendrai dans la section qui a pour sous titre « Humanisme intégral : Jacques Maritain fantôme de la déconfessionalisation du Québec ». Mal interprété, il est facile de traduire ce concept par une croyance en la Déclaration universelle des droits de l'homme.

Le questionnement initial était celui de savoir comment des gens vouant un respect infini pour Lionel Groulx (au point même d'en devenir des disciples) ont pu tomber dans le panneau des Droits de l'homme ? Groulx tentait de rendre conscients les gens de leur devoir et de leur responsabilité et de perpétrer l'héritage de leurs ancêtres ainsi qu'une obédience à leur patrie et à Dieu. Groulx a généralement répandu un culte du travail qu'accomplissait la famille canadienne-française. Groux n'a jamais caché que la lutte nationale serait pénible. Alors, devant la Déclaration universelle des droits de l'homme, cette tentative de rendre illégale la souffrance humaine, comment les disciples de Groulx ont pu y voir une émancipation pour le Québec ? Au fil de mes lectures, je n'ai pu m'empêcher de me questionner sur ce qui a mené de valeureux catholiques, dont la foi était la continuité de celle de Lionel Groulx, à devenir l'instrument d'une opposition à leur propre foi ?

Et le personnalisme précéda les droits de l'Homme-Dieu...

Durant les années 30, un grand nombre de disciples de Groulx ont fait du personnalisme leur école de pensée. Pour cette école pensée, la « personne » est la valeur suprême. La personne n'est pas l'individu. L'individu est le centre du monde. La personne, d'un point de vue chrétien qui ne doit pas être confondu avec le point de vue anthropocentrique, est un être à la fois naturel et surnaturel. La personne est un concept qui, sorti de la compréhension chrétienne de l'homme, peut se voir apposer une définition erronée. Par exemple, les droits de la personne forment, sauf exceptions, un copier-coller des droits de l'homme. Si la notion de personne dans les droits de la personne était respectée, les droits de la personne n'auraient rien à voir avec les droits de l'homme. Les droits de la personne formerait un droit théocentrique (Dieu comme centre du monde) infiniment distinct des droits de l'homme actuels qui eux sont anthropocentriques (l'homme comme centre du monde).

L'équipe éditorial du Devoir avec André Laurendeau en tête, l'Action nationale, le Bloc Populaire, et autres mouvements nationalistes, souvent crypto-indépendantistes, tous ont eu Groulx comme maitre à penser. Le personnalisme n'était jamais bien loin. Le renouveau de la pensée de Saint-Thomas D'Aquin (thomisme) dans l'Amérique de la fin des années 1920 et du début des années 1930 semble avoir formé un tremplin au personnalisme. La philosophie thomiste semble faire naître des personnalistes partout où elle passe. À un
certain point, il sera même question d'une romanisation de la pensée anglo-prostestante en Amérique.

L'on doit se souvenir que l'ancien Premier ministre Pierre-Elliot Trudeau fut sans doute le plus zélé des personnalistes chrétiens. Sa présence au sein d'une société secrète indépendantiste (les frères chasseurs) soidisant d'extrême-droite durant la Deuxième Guerre mondiale est cohérente avec la pensée personnaliste. Trudeau n'est absolument pas un disciple de Groulx, mais étonnament on retrouve dans sa pensée un personnalisme chrétien qui n'est pas sans rappeler celui de plusieurs disciples de Groulx, si ce n'est de Groulx
lui-même.

(1) http://cerclearistote.com/une-declaration-des-droits-de-lhomme-pas-tres-universelle-par-arnaud-imatz/
(2) http://www.un.org/fr/universal-declaration-human-rights/
Barré, Jean-Luc Jacques et Raïssa Maritain, les mendiants du ciel, 2012, Perrin, collection tempus, P 648.
Maritain, Jacques Humanisme intégral, problèmes temporels et spirituels d'une nouvelle chrétienté, préface de René Rémond, 2000, Aubier, Paris. P. 317

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